


Le Parc René-Masson est un espace naturel de quelque 10 hectares situé dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies / Pointe-aux-Trembles à Montréal. Il se caractérise par une zone boisée de 7.2 hectares à l'état naturel, un important milieu humide et un ruisseau reliant la rivière des Prairies.

Malheureusement, l’arrondissement a annoncé sa volonté de sacrifier 25 000 m2 du parc, soit 25 % de sa superficie, pour y implanter des bureaux d’arrondissement et une maison de la culture. Le milieu humide et la partie boisée seraient amputés et le parc résiduel fortement morcelé.
L’arrondissement a tenu des séances d’information sur le projet. Un grand nombre de citoyens présents ont exprimé leur désaccord avec la construction de bâtiments dans le parc, favorisant le choix d'un site plus logique pour la construction d'un bureau d'arrondissement devant desservir autant les résidents de Pointe-aux-Trembles que ceux de Rivière-des-Prairies. Ces arguments pourtant logiques ont été ignorés par l'arrondissement.
Aucune étude de localisation n'a été faites par l'arrondissement pour justifier le choix du lieu de construction. Étonnamment, selon le plan d'urbanisme, il existe 300 hectares de terrains vacants résidentiels et institutionnels dans l'arrondissement, dont plusieurs terrains municipaux.
Le Regroupement des Résidents Solidaires de Rivière-des-Prairies (RRS-RDP) , le Conseil régional de l'environnement (CRE-Montréal) , le Comité de vigilance environnementale de l'est de Montréal (CVEEM) , ainsi que les conseillers de l'arrondissement Rivière-des-Prairies / Pointe-aux-Trembles (RDP/PAT), Madame Suzanne Décarie et Monsieur André Bélisle, interpelleront la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), Madame Line Beauchamp, pour qu'elle refuse tout certificat d'autorisation à l'arrondissement tant que ce dernier n'aura pas réalisé une étude de localisation pour son projet de construction faisant la démonstration qu'il n'existe aucune solution de rechange raisonnable pour le choix du site.
Selon la directive du MDDEP pour les demandes de certificat d'autorisation concernant des projets de développement dans les milieux humides mise en place en novembre 2006, le milieu humide situé dans ce parc correspond à la « situation 3 ». Ce parc municipal de 7,2 hectares de milieux naturels comprend 4 hectares de milieu humide et celui-ci est relié par un ruisseau à la rivière des Prairies. La directive précise pour la situation 3 que « la demande d'autorisation est analysée en fonction des principes de la séquence d'atténuation éviter et minimiser » et que l'étape de minimiser « est acceptable seulement si le demandeur démontre qu'il n'existe aucune solution de rechange raisonnable pour réaliser le projet ou pour le choix du site ».
Le 14 janvier 2008, bien qu'aucune autorisation de construire n'eut été émise par le Ministère du Développement durable et Des Parcs, la firme Dessau-Soprin, mandatée par l'arrondissement Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles, procède à un « véritable saccage » dans le parc René-Masson. Avec de l'équipement lourd, ils ouvriront une tranchée de 4 mètres (13 pi.) de largeur sur une distance de 45 mètres (150 pi.). Sans la vigilance et l'intervention rapide de M Karim Saïdi du Regroupement des Résidents Solidaires de Rivière-des-Prairies, et la présence de Mme Suzanne Décarie, conseillère à l'arrondissement, s'en était fait du parc, puisque la firme Dessau-Soprin se proposait de faire beaucoup plus de dommage. De la bouche même du contremaître de la firme, ce jour-là huit tranchées semblables à celle qui fût effectuée auraient été au calendrier de travail de la firme. Un porte-parole politique du parti du maire Maciocia, représentant l'arrondissement sur place, donnera à plusieurs reprises l'ordre de continuer le saccage. Seul l'arrivée sur les lieux d'une employée du Ministère, appelée d'urgence, stoppera finalement les travaux de destruction.
L'insultant de cette situation est que l'arrondissement aurait agit sous le ridicule prétexte de vouloir procéder à des prélèvements de sol pour compléter sa demande de certificat d'autorisation auprès du Ministère. Ajoutant l'injurieux au ridicule, la route arrachée de la forêt ce jour là devait finalement conduire à un endroit accessible par un chemin du parc déjà existant.
Dès le 14 janvier, le même jour, un avis d'infraction émanant du Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs a été expédié aux autorités de l'arrondissement Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles. Le Service des enquêtes de la Direction régionale du Centre de contrôle environnemental de Montréal, de Laval, de Lanaudière et des Laurentides procède dès lors à recueillir des preuves au soutien d'éventuels recours contre l'arrondissement Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles.
Nous sommes en droit de nous poser la question suivante : Comment les mêmes personnes qui nous promettent la construction de bâtiments respectant l'environnement peuvent-elles se montrer si irrespectueuses de l'environnement en saccageant sauvagement l'un des derniers milieux humides de Montréal ?
Questionné par Regroupement des Résidents Solidaires de Rivière-des-Prairies (RRS-RDP) lors de la séance du conseil d'arrondissement du 5 février 2008, le maire d'arrondissement, Cosmo Maciocia, confirmera les appréhensions de tous: bien que l'erreur provienne d'après lui d'un " imbroglio " administratif de son arrondissement, la facture des pénalités encourues ainsi que les frais de remise en état initial du parc seront à la fin refilés aux contribuables. Donc, en plus de devoir jouer à la police pour rapporter les comportements irresponsables et illégaux de leurs élus locaux, les contribuables de Rivière-des-Prairies/Pointes-aux-Trembles devront bientôt payer la note des pénalités légales que ceux-ci encourent en enfreignant la loi par leurs "imbroglios" administratifs (imbroglio étant un mot d'origine italienne qui signifie selon l'Encyclopédie Universalis "embrouille").

Des arbres jetés au sol par l'arrondissement durant le saccage, pouvaient mesurer jusqu'à 13 pouces de diamètre. Il est donc surprenant que l'arrondissement qualifie de branchages et de broussailles, la portion de boisé saccagé ce jour là.

Nous tenons à remercier les cyclistes du tour de l'île 2008 pour leur aimable visite au Parc René-Masson.